Est-ce la fin de la croissance en microfinance?

Graph_1_croissanceLe premier graphique montre la croissance du portefeuille de micro-crédits de nos partenaires de 2007 à 2011. Le portefeuille des prêts est passé de 40 millions d’euros à 98 millions d’euros en quatre ans seulement, un taux de croissance annuel de 25%. En 2009, la croissance n’était que de 5%, montrant clairement l’impact de la crise. Depuis lors, la croissance s’est accélérée et a atteint 37% en 2011, atteignant presque le niveau de 2008.

Si l’on regarde le nombre de micro-entrepreneurs servis : le deuxième graphique montre que le ralentissement l’était déjà avant (dès 2008 le nombre de clients a diminué de 3%) et plus prononcé par rapport au portefeuille de micro-crédits (croissance annuelle de 8% par rapport à 25% au cours de la période). Les IMF ont récemment commencé à toucher davantage de clients et 2011 a vu une augmentation de 22% à 274.000 micro-entrepreneurs, mais qui retarde encore le micro-crédit par rapport à la croissance du portefeuille au cours de la même période (soit 37%).

Graph_2_croissanceLes deux indicateurs, ensemble, nous permettent de tirer quelques conclusions provisoires. Pendant la crise, les IMF semblent s’être concentrés sur leurs meilleurs clients et ont investit moins de temps et de ressources à la recherche de nouveaux clients. Cela a conduit à une augmentation de la moyenne des crédits parce que les clients existants ont tendance à prendre des crédits plus importants au fil du temps, ce qui contribue à la croissance observée du portefeuille de crédits. L’inflation peut également avoir joué un rôle dans l’augmentation des portefeuilles de micro-crédit dans un certain nombre de pays. Comme nous avons émergé de cette crise, les IMF ont commencé à chercher activement de nouveaux clients, comme en témoigne la forte augmentation du nombre de clients en 2011.

Quand les temps étaient difficiles, les institutions de microfinance se sont concentrées sur leurs avoirs les plus précieux, la relation avec les micro-entrepreneurs. La crise laisse aussi une empreinte positive si elle a contribué à des outils appropriés comme la mesure de performance sociale, la prolifération des notations sociales, l’acceptation des principes de protection des clients et autres initiatives qui aident les IMF à rester proches de leurs clients et des missions sociales.

LMDF est optimiste concernant les perspectives de croissance de ses partenaires. Et ici on ne se réfère pas à la croissance pour le bien de la croissance, mais la croissance pour réduire l’exclusion financière des micro-entrepreneurs dans le monde.

© Gonzalo Charaja Ramos – Fondesurco // LMDF